Transformation

Entreprendre dans la beauté pour sortir de l’exclusion : une initiative d’Apprentis d’Auteuil et de la Fondation L’Oréal


Fondation
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Depuis 1866, la fondation d’Apprentis d’Auteuil s’engage auprès des jeunes et des familles les plus fragiles. Ce mois-ci, elle lance avec la Fondation L’Oréal une formation pour aider les personnes en difficulté à entreprendre dans les métiers de la beauté. Reportage.

« Beauté d’entreprendre » : ouvrir les portes de l’entrepreneuriat aux personnes en difficulté

 

« Entreprendre ne permet pas seulement de créer son emploi. C’est aussi un moyen de s’accomplir pleinement », commence Nicole d’Anglejan, Déléguée générale d’Auteuil Formation Continue. Cette conviction est à l’origine de « Beauté d’Entreprendre », un nouveau dispositif de formation innovante développé avec la Fondation L’Oréal pour aider les personnes en difficulté.  « Après le lancement d’une formation au CAP coiffure, en partenariat avec la Fondation pour préparer des jeunes en grande difficulté à ces métiers, nous avions le sentiment que nous pouvions faire encore beaucoup pour eux. Nous voulions leur apporter plus qu’un poste de coiffeur dans un salon et les aider à devenir leur propre patron ».

Fin février 2017, c’est une première promotion de douze personnes qui va être formée. « Avec la Fondation L’Oréal nous voulons aider les personnes qui en ont le plus besoin ». La sélection se fait sur quatre grands critères : « la motivation, les compétences, l’âge et le besoin exprimé ». En matière de compétences, les personnes candidates doivent avoir le diplôme nécessaire pour créer une entreprise : « soit un CAP, soit un BP pour la coiffure ». La motivation est ensuite étudiée lors d’un entretien et au travers du projet défendu par la personne : « elle doit être porteuse d’un projet avec un vrai potentiel et viser l’autoentreprise, la création ou la reprise d’un salon ». Enfin, la formation est réservée aux publics en difficulté, en majorité jeunes, dans une logique fidèle à celle d’Apprentis d’Auteuil et de Beauty For a Better Life, le programme de la Fondation L’Oréal qui aide les publics vulnérables à surmonter l’exclusion : « des jeunes sans expérience, des mères célibataires, toutes les personnes éloignées de l’emploi avec des difficultés d’insertion sociale ou professionnelle, de 18 à 55 ans ».

La pédagogie en petits groupes n’est pas anodine. Elle permet une attention à chacun. C’est aux yeux de Nicole d’Anglejan le meilleur moyen de venir en aide aux personnes en difficulté. « Chacune a un projet personnel et un parcours de vie unique, souvent mouvementé. Elles méritent un accompagnement et une prise en main dédiés ». Ainsi, les formateurs proposeront une remise à niveau adaptée pour les personnes peu formées : « certaines de nos recrues ont arrêté leurs études jeunes. Nous reverrons avec elles les basiques ».

Pragmatisme et personnalisation : maîtres mots de la formation  

 

Durant quatre mois, « Beauté d’Entreprendre » dispensera une formation pour donner les clés de l’entrepreneuriat. Les maîtres mots de cette formation ? « Pragmatisme et personnalisation de l’accompagnement. Plus de la moitié des entrepreneurs dans les métiers de la beauté échouent avant d’avoir passé le cap des cinq ans d’existence et c’est encore plus difficile pour les personnes peu diplômées. Nous misons avec eux sur une approche ajustée et efficace ».

D’abord en matière d’enseignement. « Pour concrétiser leur projet, ils doivent acquérir deux compétences : une expertise d’entrepreneur et une expertise beauté ». La formation à l’entrepreneuriat est assurée par l’équipe d’Apprentis d’Auteuil, aidée de mentors eux-mêmes entrepreneurs. « La formation repose sur un subtil équilibre entre un apport théorique – études de cas, exercices, méthodologie, – un apport pratique – mise en situation, mise en œuvre concrète du projet, simulations – et mentoring ». L’expertise beauté elle, sera apportée par La Fondation L’Oréal. « De nombreuses interventions de professionnels du Groupe sont prévues pour sensibiliser aux spécificités du métier : barrières, opportunités, freins à la réussite et compétition ».

Ensuite en matière de public et de projet. « Ces personnes ne sont pas en mesure de reprendre de longues études onéreuses ». « Beauté d’Entreprendre » propose un accompagnement en présentiel et à distance, compatible avec une autre activité. « L’emploi du temps prévoit un jour par semaine sur place, l’équivalent d’une journée de travail en ligne qui permet à chacun de travailler à son rythme, et enfin un créneau d’accompagnement individuel ». Durant ces deux jours par semaine, « Beauté d’Entreprendre » aide chacun d’entre eux de façon personnalisée. Durant les créneaux individuels, ils font un point en one-to-one avec un accompagnateur dédié. Pendant les journées sur place, ils échangent entre eux et avec des experts pour approfondir et évaluer leur projet personnel. « Le but de nos formations est de favoriser l’entraide au maximum. Tous n’ont pas les mêmes facilités et les mêmes lacunes. Ceux qui sont en avance donnent un coup de main à ceux qui ont des difficultés ». Et Nicole d’Anglejan de conclure : « L’intérêt de travailler en petits groupes c’est qu’il y règne beaucoup de bienveillance et qu’il s’y tisse une vraie solidarité ».

Accompagner sur la distance et redonner confiance en soi

 

A l’issue de la formation, ces personnes disposeront d’un vrai bagage pour réussir. Outre la formation reçue, elles pourront compter sur un accompagnement dans la durée « garanti par un suivi post-formation d’au moins six mois, des partenaires experts dans leur domaine ainsi que le réseau de L’Oréal et de professionnels pour monter leur propre affaire ». Résultat ? Sur ce type de dispositif Apprentis d’Auteuil et la Fondation L’Oréal se sont fixés une ambition de 80% de taux de réussite des différents projets après cinq ans d’existence.

Si l’échec est un risque, Nicole d’Anglejan estime que celui-ci doit être relativisé. « L’entrepreneuriat est très à la mode et bon nombre de personnes ne vont pas toujours au bout de leur projet ou échouent en cours de route. Mais elles retrouvent alors plus vite un travail, salarié ou non ». Nicole d’Anglejan conclut en rappelant l’impact social toujours bénéfique de formations de ce type : « elles génèrent plus de confiance en soi et permettent de réintégrer une place dans la société. Notre mission sera de mesurer ces retombées positives en suivant nos recrues sur le long-terme ».

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