Stratégie

L’Oréal mise sur le sourcing durable pour atteindre son nouvel objectif « carbon balanced » en 2020


RSE
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Dès 2005, L’Oréal a fait le choix de s’engager à respecter les principes de la Convention sur la diversité biologique, qui encourage la valorisation responsable de la Biodiversité par un partage « juste et équitable des bénéfices issus de son utilisation ». C’est alors que  Rachel Barré a été embauchée pour lancer le programme de « sourcing durable » des matières premières renouvelables du Groupe. Elle dévoile aujourd’hui les trois partis pris de L’Oréal en matière de sourcing durable pour atteindre de nouveaux objectifs carbon balanced à l’horizon 2020.

Une politique d’in setting 

Les démarches traditionnelles en matière de compensation carbone visent à équilibrer les émissions de CO2 par des techniques qui, dans leur majorité, ne sont pas directement liées à l’activité de l’entreprise : achats de crédits carbone, participation à de grands programmes de reforestation  etc. C’est l’off-setting. L’idée du programme carbon balanced, défendue par Rachel, est toute autre : agir directement  sur les activités de sourcing du Groupe, et donc au sein de la chaine de valeur de l’entreprise. Pour la responsable  du sourcing durable, L’Oréal peut  en effet continuer à réduire ses émissions carbone tout en engageant parallèlement des projets au niveau local. « Nous développons une politique d’in setting qui vient compléter les  engagements socio-environnementaux dans nos filières ».

« Le sourcing durable s’applique à l’ensemble de nos filières et de nos fournisseurs », le groupe ayant pris l’engagement qu’en 2020, 100% des matières premières renouvelables soient issues de sources durables. Rachel et son équipe analysent donc l’ensemble du portefeuille de matières premières renouvelables, soit 46% des matières premières utilisées par le Groupe.

Ils établissent d’abord le profil environnemental et social de chaque matière première utilisée par L’Oréal afin d’en définir les conditions d’exploitation, avant de mettre en place des filières d’approvisionnement respectant la Biodiversité et contribuant au développement local.  « Nous avons récemment développé, en partenariat avec notre fournisseur de gomme de guar, un projet auprès de 1500 fermiers indiens, dont l’objectif est de les accompagner vers une agriculture économe en eau et respectueuse de l’environnement, tout en  augmentant  la qualité et le rendement de leur récolte, et donc leur revenu  ».

Sourcing durable dans les filières de L’Oréal donc, mais pas uniquement. L’ambition carbon balanced vient compléter les projets engagés localement afin d’en réduire les émissions carbone.  « Après une phase d’étude des gains carbone envisageables sur les filières, nous élaborons les plans d’actions les plus prometteurs », poursuit-elle. Les fournisseurs sont alors directement impliqués et jouent  le jeu du sourcing durable et de son volet carbone. Bien sûr, L’Oréal est là pour les aider. « Nous avons par exemple accompagné notre fournisseur de son de quinoa en Bolivie dans l’adoption de pratiques agricoles plus durables pour enrichir les sols et la biodiversité et optimiser leur rôle des puits de carbone ».

Farmers interviews © Firmenich

Priorité à l’énergie dans les  procédés de transformation, à l’agriculture et à la forêt

Rachel a ciblé une trentaine de projets prioritaires à engager pour les cinq prochaines années. Si elle réussit, 400 000 teq CO2 seront captées au sein des projets de sourcing durable en 2020. Ces projets se répartissent en trois catégories : l’amélioration de l’efficacité énergétique des procédés de transformation, le développement d’une agriculture plus productive et bas carbone, et la gestion forestière durable. Avec son fournisseur Firmenich, leader suisse dans l’industrie des parfums et des arômes, L’Oréal a ainsi mis en place une politique de protection forestière en Indonésie. Le principe ? Pour limiter la course au développement des surfaces agricoles cultivées responsable d’une grande partie de la déforestation locale, les agriculteurs sont encouragés à cultiver plusieurs produits (Cannelle et Patchouli), simultanément sur une même parcelle. Pour conduire ces changements, le Groupe peut compter sur son réseau de fournisseurs et sur l’appui de communautés locales impliquées. « Au Burkina Faso, un projet de foyers améliorés pourrait également rassembler plus de 20 000 femmes afin de diminuer l’empreinte carbone de notre fournisseur Olvea ».

Se faire challenger

Pour trouver de nouvelles solutions, L’Oréal échange régulièrement avec des spécialistes indépendants des questions environnementales. Rachel précise que le Groupe n’hésite pas à se faire challenger par des experts locaux et internationaux à l’instar de Christian de Perthuis, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine où il a fondé la Chaire Economie du Climat et promoteur de la taxe carbone en France. Il a pour mission, avec un comité de spécialistes du climat, d’élaborer les outils qui serviront à mesurer les résultats du Groupe en matière de gain carbone.

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