Transformation

« Sourcing durable : le projet pilote de L’Oréal et d’OLVEA au Burkina Faso »


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Le Groupe OLVEA est spécialiste des  huiles d’origine naturelle depuis 1929, et fournisseur de L’Oréal depuis plus de 30 ans. Il participe à l’un des projets de « solidarity sourcing » du groupe qui s’étoffe cette année d’un volet carbone  dans le cadre du programme  « carbon balanced » de  L’Oréal. Le Responsable Qualité et Filières d’OLVEA, Christophe Godard, dévoile l’état d’avancement du projet « foyers améliorés » au Burkina Faso.

Faire face à la déforestation

OLVEA est fournisseur de L’Oréal en beurre de karité depuis 2009. Il extrait la matière première au Burkina Faso, pays d’Afrique Occidentale connu pour sa richesse en arbres à karité qui fait face depuis une dizaine d’années à l’avancée du désert. En cause, la déforestation. « 95% de l’énergie domestique du pays provient des ressources forestières (bois et charbon de bois[1]), ce qui met une énorme pression sur le bois et génère d’importantes émissions de CO2.  Pour lutter contre la désertification et limiter l’empreinte carbone de sa production,  » OLVEA a voulu développer une filière plus responsable »  raconte Christophe. La société s’engage : sensibilisation de ses fournisseurs à la protection de l’environnement, replantation et orientation de son sourcing vers les filières certifiées.

« Nous avions commencé des actions de terrain mais voulions aller plus loin notamment sur l’axe environnemental », raconte Christophe. L’entreprise échange avec L’Oréal à partir de 2009 sur les améliorations qu’elle pourrait apporter à sa filière Karité dans le cadre du programme Solidarity Sourcing, en particulier sur les questions sociales et la rémunération des femmes collectrices. Les choses s’accélèrent en 2013 au moment où L’Oréal lance son programme « Sharing beauty with all ». Puis elles se précisent mi-2015 « l’un des piliers du programme que souhaitait développer L’Oréal était justement le développement d’un sourcing bas carbone en partenariat avec ses fournisseurs. Nos aspirations se rejoignaient ».

L’Idée des « foyers améliorés »

La collecte du Karité est une tâche exclusivement et traditionnellement réservée aux femmes au Burkina Faso ; ce sont elles qui ramassent les fruits, puis les dépulpent afin d’en extraire la noix, avant de la faire bouillir, sécher au soleil puis la décortiquer. Elles en extraient ensuite l’amande de karité, qui sera une nouvelle fois séchée au soleil et enfin commercialisée via les coopératives. « Environ 20 000 femmes travaillent dans des dizaines de coopératives ». C’est ensuite OLVEA Burkina Faso qui prend le relais, et transforme ces amandes en beurre dans son usine à Bobo Dioulasso.

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Au cours des discussions entre L’Oréal et OLVEA, l’idée de « foyers améliorés » émerge.  En effet, ce projet consiste à réduire la quantité de bois utilisé par les femmes lors de l’ébouillantage des noix, en améliorant la performance de leurs foyers de cuisson. L’avantage est économique d’une part, puisqu’il diminue les dépenses en bois des productrices, et écologique d’autre part, car il permet de lutter contre la déforestation et de réduire les émissions de CO2. « Il est important de sensibiliser les populations pour qu’elles comprennent l’importance environnementale de ce projet » insiste Christophe. De plus, ce projet améliorera la santé et le confort de ces milliers de productrices : moins de fumées inhalées et de risques de brûlures.

« Le modèle de foyer amélioré n’a pas encore été retenu : l’objectif est de pouvoir utiliser un foyer de fabrication locale, à base de matériaux locaux (fabrication à faible émission carbone) et simple d’utilisation par les productrices pour maximiser le taux d’acceptation de cette technologie».

Comment mesurer les « gains carbone » ?

Le lancement est prévu pour la fin de l’année, dès que le plan d’action sera précisément défini et validé   par les équipes de L’Oréal et d’Olvéa. « Restera ensuite à mettre en place une stratégie d’évaluation des avancées du projet une fois lancé. C’est pour moi le plus grand défi à venir » précise Christophe.

L’enjeu est d’arriver à mesurer, grâce à ces 20 000 foyers, les gains carbones générés. « Il ne sera pas facile pour notre équipe de quatre personnes de remonter de telles informations. Nous comptons sur L’Oréal pour nous donner la méthodologie d’évaluation, ainsi que les moyens de son application » indique Christophe.

C’est là qu’intervient le panel d’experts mis en place par Rachel Barré, responsable du sourcing durable chez L’Oréal et avec laquelle Christophe échange en direct depuis le début du projet. Ce comité, présidé par Christian de Perthuis, économiste et directeur scientifique de la Chaire Economie du Climat, est chargé d’accompagner L’Oréal dans le développement des outils d’évaluation et suivra les avancées du projet jusqu’en 2020.

Et après ?

Pour OLVEA, ce projet est un pilote qui doit permettre une nouvelle baisse de l’empreinte carbone de son sourcing au Burkina Faso. S’il est convaincant, il pourra exporter ce modèle,  dans d’autres pays.

[1]4ème rapport national du Burkina Faso sur la diversité biologique (2010)

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